22 octobre 2009
Le choeur des femmes - Martin Winckler-
Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de " Médecine de La Femme ", dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit? Qu'il va m'enseigner mon métier? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur coeur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre.
Martin Winckler nous parle de son bouquin...
C’est un grand roman de formation, situé dans un service de "médecine de la femme", l’unité 77, au Centre Hospitalier (fictif) de Tourmens. Il met en scène la rencontre de deux médecins : Jean Atwood, jeune et volontaire interne de chirurgie gynécologique qui se destine à la réparation des corps féminin, et Franz Karma, praticien d’une cinquantaine d’années qui s’est consacré depuis trente ans à la santé des femmes.Atwood doit passer six mois dans le service de Karma, mais n’a pas du tout envie d’y perdre son temps à "tenir les mains des patientes".Or, l’unité 77 n’est pas un service comme les autres. Karma en est le seul praticien, il y travaille avec une secrétaire, une conseillère de planification, des infirmières et des aide-soignantes qui le désignent par son prénom. Il y pratique des IVG et y hospitalise clandestinement des patientes à l’insu de l’administration de l’hôpital. Il reçoit les femmes que personne ne veut recevoir ou que les gynécologues méprisent ou fuient comme la peste, immigrantes, femmes voilées, SDF, femmes violées, mais aussi celles qui sont en rupture de famille, ou qui ont décidé qu’elles ne veulent pas avoir d’enfants et demandent à se faire stériliser.Alors que sa "vocation" était tout autre, le Dr Atwood va peu à peu, à son corps défendant, découvrir qu’écouter les femmes n’est ni répétitif ni assourdissant, mais que ça lui permet non seulement d’apprendre son métier de médecin et aussi de découvrir sa propre identité.Quoique raconté à la première personne par l’interne "novice" qui arrive à l’unité 77 Le Choeur des femmes est un roman "polyphonique" dans lequel tous les personnages, chacun à leur tour, prennent la parole. Il mêle des descriptions précises de ce que devrait être une consultation de gynécologie au service des femme aux monologues ("Arias") des femmes que croisent Atwood et Karma. C’est à la fois un roman d’initiation au métier et à l’éthique des soignants et un roman d’énigme, centré sur un double secret de famille.Le Chœur des femmes est un projet dont l’idée m’est venue au fil de mes consultations au centre de planification de l’hôpital du Mans, entre 1984 et 2008. Mon premier roman, La Vacation (POL, 1989), traitait du vécu et de la parole des femmes et des soignants face à un avortement.Mais au-delà de cette situation extrême, j’ai toujours voulu parler de la manière dont les femmes viennent parler de leur vie, de leur sexualité, de leur entourage, à un médecin qu’elles ne voient que pour ça.En France, au début du 21e siècle, comment soigne-t-on les femmes ? D’ailleurs, quand elles viennent consulter, est-ce qu’elles demandent un soin médical, ou simplement qu’on se soucie d’elles ? Pourquoi ont-elles besoin d’un médecin pour parler ? Est-ce que leur compagnon, leurs amies, leur mère ou leurs sœurs ne peuvent pas les entendre ? Et surtout, qu’ont-elles donc à dire? Beaucoup de non-médecins (et beaucoup de médecins, malheureusement), pensent qu’une consultation « de femmes » est répétitive, ennuyeuse et fastidieuse - voire « un peu dégoûtante ». J’ai voulu montrer qu’il n’en est rien, et que c’est une activité passionnante pour un soignant attentif, qui donne beaucoup d’enseignements sur la vie, sur les autres (femmes et hommes) et sur soi. À condition d’ouvrir les oreilles et les yeux, et surtout d’aimer les histoires. Le Chœur des femmes a été modelé par toutes les histoires entendues.
Ayant beaucoup aimé La maladie de Sachs, j'avais très envie de lire ce nouveau roman. Bien sûr le thème abordé m'interressait fortement, surtout en ce moment!!
J'ai comment dire "dévoré" ce bouquin... il m'a été bien difficile d'en interrompre même momentanément sa lecture, tant chaque fin de chapitre pousse à tourner la page et à aller voir plus loin.
J'ai tout de suite "accroché" à l'histoire de Jean, jeune interne pleine d'ambition, à celle de toutes ces femmes, au parcours de Franz Karma ce médecin généreux et courageux...
Pour moi, c'est un excellent bouquin... vivement le prochain!!
06 août 2009
L'élégance du Hérisson...
Histoire de ne pas me charger pour rien, je n'avais emporté en Bretagne qu'un seul bouquin... erreur fatale car je l'ai dévoré rapidement pendant que la petite tribu faisait la sieste!!
Une petite visite au supermarché du coin s'est donc imposée, le choix étant très restreint, je me suis rabattue sur l'élégance du hérisson de M. Barbery.
J'en avais vaguement entendu parler lors de sa parution et en avait récemment eu quelques échos au moment de la sortie en salle de l'adaption cinématographique.
" Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "
Au final, je suis très contente de l'avoir lu, j'ai passé un excellent moment... Je dirais même que je l'ai dévoré!! Une fois passées les 100 premières pages (un peu hardues), on est happé par les personnages, Renée et Paloma, leurs vies et leurs complexes. Au travers de leurs récits, on réfléchit à la beauté et au bonheur. Tout en poésie et finesse, j'y ai découvert une histoire tendre et bouleversante, un vrai bonheur de lecture!
Un très joli livre que je recommande à toutes celles et ceux qui, comme moi, n'étaient pas de prime interressés par sa lecture.
Je crois que je vais maintenant me laisser tenter par Une gourmandise, son premier roman.
03 décembre 2008
"Génération Arc en ciel"
Comme d'habitude, je suis un petit en retard sur l'événement... C'est à croire que je me mets à aimer les chose (ou les personnes d'ailleurs!) quand ce ne sont plus des fraiches nouveautés... Mais c'est avec bonheur que je viens de terminer les 2 tomes de cette "saga". J'attends maintenant impatiemment la sortie du tome 3... Et promis, celui ci je ne mettrai pas trois ans à m'y interresser!
10 novembre 2008
Où on va papa? J.L. Fournier
"Rire de la différence pour ne plus avoir à en pleurer"
J'ai terminé ce bouquin samedi et aujourd'hui encore des flashs me reviennent à l'esprit.
Bouleversant et en même temps si juste. Sans misérabilisme, sans apitoyement, ce père meurtri arrive avec son style unique à nous faire partager son amour pour "ses deux moineaux".
Pour faire taire tous les détracteurs de ce livre, j'aurais envie de leur demander si ils se sont déjà imaginé leur vie avec un enfant "différent".
Dans son livre, J.L. Fournier utilse le cynisme comme outil de sa pudeur, et nous prouve que le dérision n'empêche pas les sentiments.
Un livre touchant, je suis passée du rire aux larmes, dont les lignes iront droit au coeur de beaucoup.
Etant "Belle maman" d'un "enfant pas tout à fait comme les autres", le handicap est un domaine que je côtoie, il n'empêche que, suite à la lecture du bouquin, les questions fusent dans ma tête... Et à l'heure d'être à mon tour maman, je suis quasiment certaine que cette lecture fera encore écho.
Un livre que je recommande vivement mais peut être pas aux futures mamans qui se posent déjà suffisamment de questions!
10 octobre 2008
Un témoignage bouleversant...
Je viens de terminer la lecture de ce bouquin. Je ne suis pas sûre que c'était le moment idéal pour le lire mais Geho l'avait réservé à la médiathèque et mon tour était arrivé. Alors...
Toutes celles qui n'ont pas pu avoir d'enfant ou qui essaient désespérément d'en avoir un se reconnaîtront dans ce témoignage déchirant et bouleversant .
Elles se retrouveront dans toutes ces situations du quotidien que Laurence Boccolini décrit si bien où l'absence d'un enfant se faire cruellement ressentir, dans toutes ces remarques qui se veulent anodines qu'on peut entendre quand on n'a pas d'enfant, qui déchirent le coeur et qui font qu'à chaque fois on se sent un peu plus "anormale", "pas comme les autres femmes", et coupable de ne pouvoir donner la vie... Comme si en plus de la douleur de ne pouvoir enfanter, il fallait en répondre devant la société...
Elles se reconnaîtront également dans ce parcours médical du combattant pour tomber enceinte, dans ces rêves de jeunesse qu'on a toutes faits et rarement conformes à la réalité et finalement, dans cette désolante et déchirante résolution de n'être jamais appelée "Maman" qu'on voudrait tant nier...
A conseiller mais il faut bien choisir le moment!
06 octobre 2008
Deux mamans et un bébé
J’ai ce week end terminé le bouquin de Muriel Douru. Je l’ai lu quasiment d’une traite et je dois dire que ce livre m’a beaucoup émue.
Parce que, finalement la vie de Muriel et de sa compagne, leur parcours, leurs doutes, leurs espoirs... Ce sont les nôtres!
Je n'en dirai pour l'instant rien de plus, de façon à ne pas gâcher le plaisir de découverte des maillons suivants de notre lecture voyageuse.
Une dernière chose, j’espère de tout cœur que tous nos parcours bébé vont connaître une issue aussi heureuse…
Bonne lecture.
21 septembre 2008
Lecture voyageuse...
Pour prolonger une idée que je trouve bien sympa, je vous propose de créer une nouvelle chaine de lecture avec un bouquin dont je viens de faire l'acquisition.
Deux mamans et un bébé de Muriel douru
Editions: Danger Public (18.09.08)
ISBN-10: 2351232046
ISBN-13: 978-2351232040
Si vous êtes interressé, laissez moi vos coordonnées par mail avant le 5 octobre. Je vous ferai ensuite parvenir la liste et l'ordre des participants à cette nouvelle "lecture voyageuse".
03 juillet 2008
Les chroniques de San Francisco (tome 7)...
Ce dernier opus des aventures de Michael Tolliver s'adressera avant tout aux fans d'Armistead Maupin et de ses chroniques. Le récit de aventures de Michael et de son jeune mari semble tiré d'une autobiographie.
Le récit est rafraichissant. Mais il n'a pas la même force de dérision et de cynisme que les précédents tomes. Un bonheur tout de même de retrouver nos héros "vieillissants".
30 mai 2008
Lecture voyageuse...
Parce que j'avais trouvé l'idée de Cactus et Mutine sympa... je vous propose aujourd'hui le même principe.
Je viens d'acheter ce bouquin
L'homoparentalité en question : Et l'enfant dans tout ça ?
de Béatrice bourges
Editeur : Editions du Rocher (15 mai 2008) ISBN-10: 2268065723 15e20
L'avenir de la famille française sera-t-il " homoparental " ? À l'heure où quelques pays européens ont déjà accordé aux couples gays le droit au mariage, ainsi que la possibilité d'adopter, la question fait débat en France. Sous la pression électorale, Nicolas Sarkozy songe même à équiper les candidats éventuels d'un véritable kit familial : avec le contrat d'union civile, assimilable en tout point au mariage, auquel serait assorti le statut de " beau-parent " calqué sur le modèle des familles recomposées. Si le droit à l'enfant revendiqué par les couples homosexuels se trouve bien au cœur de ces nouvelles expériences sociojuridiques, étrangement, le droit de l'enfant lui-même semble avoir été relégué aux oubliettes... Car peut-on réellement croire à la neutralité de la sexualité parentale dans la construction psychique de l'enfant ? La souffrance chroniquement observée chez les enfants adoptés, qui n'ont de cesse de retrouver la mère et le père dont ils sont nés, ne risque-t-elle pas de s'aggraver dans le cas où la famille d'accueil ne représente même plus ce modèle ? Passant au crible tous les arguments politiquement corrects en faveur de l'homoparentalité, qui tendent à favoriser les bons soins au détriment du lien naturel, Béatrice Bourges démontre également la nécessité d'une filiation parfaitement reconnaissable par les enfants à travers la possibilité de différencier sexuellement leurs parents. Réunissant les résultats d'une expertise magistrale dans les domaines psychanalytique, sociologique et juridique, dans un contexte élargi aux frontières de l'Europe, elle rétablit ainsi la vérité sur les chiffres de l'adoption, dénonce les véritables enjeux de société qui se dissimulent derrière la revendication familiale des homosexuels et fustige l'abandon de la famille traditionnelle par les responsables politiques, sacrifiée à une minorité. Un plaidoyer à la fois ferme et subtil en faveur des différences... vitales. Puisque l'on ne devient pas enfant, l'on " naît " enfant.
Donc si vous êtes interressés faites le moi savoir par mail petiboupetilou@yahoo.fr en m'envoyant votre adresse postale avant le 15 juin. Je vous ferai ensuite parvenir une petite liste indiquant la personne à qui vous devez l'envoyer. On va partir sur la base que chaque personne le garde environ 15jours. Simple comme bonjour non?!
Alors si çà vous tente n'hésitez pas...
02 mai 2008
Fais moi oublier - Brigitte Kernel
Léa et Louise s’aiment, comme on peut s’aimer au début d’une relation, passionnément et inconditionnellement, sous les yeux attendris du couple d’amis que forme la narratrice avec Olivier, l’homme de sa vie.
Ces 4 amis ont en commun, entre autres, la passion du journalisme et le fait d’en avoir chacun fait son métier dans des directions différentes. Mais le drame survient, Louise est tuée lors d’un reportage en Irak. Léa s’effondre et la narratrice, épaule dévouée, amie fidèle et béquille de cette jeune femme confrontée à la pire des situation, la mort de l’être aimé, va devoir composer bientôt avec d’autres sentiments. Elle va devoir faire face puis accepter l’attirance grandissante et les sentiments qu’elle développe pour Léa.
C’est un roman poignant, je l’ai lu d’une traite en ayant parfois, sur certains passages, le souffle coupé par tant de justesse des personnages et des émotions. Léa et la narratrice emplissent le récit, Olivier n’est finalement que très pâle mais n’est-ce pas normal dans un ouvrage qui traite de l’attirance existant entre 2 femmes? Les personnages fonctionnent bien et la description des émotions qu’ils traversent, doublée d’une analyse psychologique sans faille rend ce livre un peu dérangeant, non par le thème, mais par la façon dont il interpelle nos propres émotions et nous interroge sur nos propres réactions.
En conclusion, un livre à lire, vraiment, pour le bonheur d’être touchée si justement, si profondément. Et j’aimerais vraiment avoir votre avis sur cette fin, cette fin qui m’a, moi, un peu déçue…








